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[Test] Chicken Police : Paint It Red !

C’était un soir comme tous les soirs, il faisait sombre car oui ne rêvez pas la nuit on n’y voit goutte. Mais quelques lampadaires nonchalants qui, passés par là, venaient éclairer ma triste vie par leurs ampoules à basse consommation qui sauve la planète. Tout en me versant une carafe de whisky (oui, j’avais très soif), la douce mélodie d’un air de jazz chatouille mes tympans fébriles. L’envie de rien était bien présente, j’avais beau chercher rien ne me donnait la gouache (pas le tube de peinture bien sûr) et là tout d’un coup une ombre apparaissait dans mon champ de vision. Avec ses formes aguichantes et son univers à part, ce jeu me faisait clairement des appels du pied (chaud cacao). Comme tous ses confrères je n’en attendais rien de spécial, juste une fumée de plus qui se dissiperait par une douce brise d’automne (tout cela me rend poétique, peut-être les vapeurs de l’alcool qui titillaient mes poils de nez). Mais là, d’un coup, sans crier « GARE » tel un chauffeur de tchou-tchou, il m’appâta dans ses filets. J’étais devenue prisonnière de ce diamant qui brillait de mille feux. Laissez-moi donc vous comptez cette romance du doux nom de Chicken Police.

Le Jeu de l’amour

T’as de beaux yeux tu sais

Je m’appelle Sonny Featherland, ma profession a aussi été ma descente aux enfers, je suis un poulet…heu je veux dire un flic. Vous vous demandez sûrement comment je peux avoir le temps de vous décrire ma vie alors qu’il y a des veuves esseulées à sauver et des bébés phoques à décoincer des arbres. C’est tout simple j’ai été congédié suite à une Saint Sylvestre Sanglante, maintenant il ne me reste plus que mon ami qui porte le doux nom de « Whisky » pour me tenir compagnie. Ma femme Molly a pris ses graines, ses plumes dans l’oreiller et ma fille et s’est envolé je ne sais trop où me laissant seul avec mes idées noires. Mais cette nuit du jour de l’An allait perturber ma vie et mes habitudes de vieux coq. Entrant dans mon appartement éclairé par les lumières de la rue, une silhouette se dessine, celle d’une Impala. Comment était elle entrée ? Que faisait-elle là ? Voulait-elle jouer à cache-cache ? Ou tout simplement me faire peur ? Non rien de tout ça, elle était venue à ma rencontre suite à la demande de sa patronne, Natasha Catzenko, une chatte qui fait tourner bien des têtes (en mode exorciste ?). Femme du chef de la pègre de cette ville monochrome, elle souhaite que j’enquête sur des menaces qu’elle reçoit. Non mais sérieusement elle me prend pour un détective privé ou quoi ? L’impala voyait bien le refus dans mon regard mais surtout dans ma réponse négativement négative, pas bête la bête. Elle sortit donc sa carte maitresse, sa patronne connaissait ma femme. Me voilà donc là en train d’accepter cette affaire. Mais seul je n’arriverai à rien, il me fallait mon coéquipier, Marty MacChicken (non ce n’est pas un nugget, alors remballez votre sauce barbecue). 9 ans à travailler avec lui et pourtant nous étions brouillés, notre duo allait faire des étincelles dans tous les sens du terme. Nous allions mettre les pattes dans quelque chose qui était aussi gluant que le blanc de l’œuf cru. Sérieux à 121 jours de la retraite, je me dis que je suis vraiment trop vieux pour ces conneries…

C’est Sonny qui le dit

Un jeu noir de plumes d’œuf à la coque

En débutant « Chicken Police : Paint It Red » vous allez rentrer dans un univers totalement loup-phoque, où les animaux se voient affublés de corps d’humain. Ici aucune chirurgie d’un savant fou jouant avec des appareils faisant « pshit-pshit » un soir de pleine lune pour faire ce mélange abracadabrantesque. Vous avez juste à faire à un travail d’anthropomorphe qui a été fait à la perfection. Dès les premières secondes du jeu on est tout de suite happé par ces personnages au charisme et à l’humour bien à eux. Le plaisir de discuter le bout de gras (de cochon) avec tout le monde n’est pas une obligation mais belle et bien un pur plaisir, surtout avec les pics que se lancent Sonny et Marty à longueur de temps. Il est même « INTERDIT » de passer les dialogues tellement les doublages sont dignes d’un film Hollywoodien (doublé en Anglais mais traduction en Français) sous peine de froisser l’aile de M.MacChicken et de vous prendre une cartouche (de fusil, je précise pour les pervers).

Pour mener votre enquête vous serez amenés à visiter divers endroits de Clawville où proies et prédateurs cohabitent et sont même parfois en couple grâce aux Royalistes. Car oui le jeu aborde aussi le thème du racisme dans cet univers où même ce genre de relation interraciale n’est pas forcément accepté (je vous vois bien en train d’imaginer une tigresse avec un coq de basse-cours hein, ne le niez pas). Ici on retrouve toute l‘ambiance des vieux films de détectives blasés de la vie, se bourrant la gueule à longueur de temps, s’écrasant ensuite comme une vieille merde sur son vieux sofa défoncé et tout d’un coup être obnubilé par cette divine créature aux griffes acérées. Son rendu en noir et blanc avec ses quelques touches de couleurs tel un peintre qui lancerait quelques jets de peinture donne ce cachet que je n’ai trouvé nulle part ailleurs. Certaines mauvaises langues diront que la direction artistique est des plus basiques, mais à quoi bon des effets de ouf-de-la-mort-qui-tue si le jeu n’a aucune âme ? Ici tout vous transporte et vous fait aimer ce jeu en un claquement de bec qui picorerait du pain dur. Et en plus si vous avez la fabuleuse idée de jouer au casque (vous pourrez vous vanter d’avoir eu l’idée tout seul, c’est cadeau mes amis) alors vous serez imprégnés de ce Jazz qui coulera dans vos veines comme l’alcool qui ressort par vos narines en rigolant à mes bonnes blagounettes.

« Haut les pattes, l’asticot »

Quel feignasse vous faites tout de même, c’est bien beau de vous promener dans les décors telle une pie voleuse partant à la recherche de la richesse de ce jeu mais vous avez une enquête à mener je vous rappelle. Souvenez-vous, la chatte qui miaule votre aide, les menaces, les vilains gangsters, c’est bon vous êtes dans le truc ?

Pour ce jeu nous avons ici à faire à un point & click narratif, ici quelques récoltes d’objets mais ce n’est pas ici le plus gros de votre job de poulet. Tout au long de l’aventure votre travail sera d’interroger l’innombrable batterie d’animaux que vous croiserez sur le chemin de la vérité. Tout commence par une simple discussion car après tout vous n’êtes pas un coq sauvage, mais par la suite vous pourrez pousser la discussion sur des questions plus précises. Et si Sonny sent dans son intuition de volaille de talent que la personne peut en divulguer plus alors déballage du tapis rouge pour un interrogatoire en bonne et dû forme. Il vous aiguillera sur la tournure que doit prendre « l’entrevue » d’après la personnalité de votre suspect et ainsi poser vos questions de façon intelligente (et oui, même vous, vous pouvez avoir un semblant de neurones). Mais gare à vous si vous brusquez trop votre témoin car voilà la vieille note étoilée que vous allez vous taper. Vous ne voudriez pas être le Franck Debrin de la brigade tout de même et j’espère sincèrement pour vous que vous avez la référence sinon c’est que vous avez raté votre vie.

(L)Outre cette phase d’interrogatoire intensif vous aurez aussi certaines énigmes à résoudre qui ne sont en rien d’une difficulté difficile, à vous d’ouvrir l’œil et le bon. Mais tout cela aussi sera parsemé de quelques poursuites avec gun à l’appui (vous voyez vous allez pouvoir faire pan-pan sur les vilains méchants pas beaux, alors heureux ?) N’oublions pas les collectibles disséminés ici et là dans ce petit univers plein de surprises qui n’ont comme d’habitude pas une grande utilité mais que je trouve pour ma part plus que sympathiques avec ces couvertures de livres de romans noirs. Alors je n’ai qu’une chose à vous dire « Attrapez les tous ».

Toutes les informations perçues au long de l’histoire seront retranscrites dans votre petit carnet de détective. Que ce soit le nombre de poils qu’à la chatte sous ses bras, ou la longueur de la gueule du crocodile vous saurez tout sur le zizi…heu sur les animaux. Vous aurez aussi la retranscription de l’histoire de la Contrée Sauvage dans un Codex et ainsi vous pourrez parfaire votre culture et vous endormir moins bête le soir.

Sera noté aussi la description de lieux visités ainsi que bien entendu tous les indices découverts grâce à votre flaire hors norme. À vous limite la tenue de Colombo, le chien et la voiture qui va avec, la grande classe à Clawville.

« Les animaux parlent, mais juste pour les personnes qui savent écouter »

Si vous n’êtes pas une poule mouillée et que vous aimez l’ambiance film noir dissoute dans une fumée de cigarette et que vous rêvez de siroter un verre de Whisky en jouant de la manette sur un air Jazzy par un jour de pluie alors ce jeu est fait pour vous.

Je n’en attendais absolument rien en le commençant mais je vous assure que dès les premières secondes où Sonny a commencé à parler j’étais raide dingue de ce jeu. Beaucoup diront qu’il n’a rien de transcendant, que ça ressemble à une séance cinéma avec le pot de pop-corn car tu ne fais pas grand-chose mais je n’ai qu’une chose à vous dire : Jouez-y et voyez plus loin que ça. Ressentez cette atmosphère qui vous monte aux tripes, aimez ces personnages aux caractères inoubliables et juste kiffez à sa juste valeur ce diamant à l’état brut qui mérite mille fois d’être connu. Ce jeu est sans nul doute l’un des meilleurs auquel j’ai pu jouer et je ne picore pas mes pots en vous disant ça. CHICKEN POLICE : PAINT IT RED : L’essayer c’est l’adopter pour la vie.

. Editeur/Développeur : HandyGames/The Wild Gentlemen

. Genre : Point&Click Narratif

. Plateformes : PS4/XboxOne/Switch/PC

Note : 5 sur 5.

Cet article vous a été écrit par Gameuse Extraterrestre 👽

7 Comments »

  1. Voilà un très chouette article, même si je le lis en retard, et toujours avec ton humour habituel ! Les visuels de ce jeu m’avaient intriguée, même si les hommes à tête d’animaux, c’est un certain malaise pour moi ^^ » de ce que tu y décris, tant par l’intrigue, la musique, le jazz et les personnages, cela respire pleinement le film noir… et l’atmosphère visuelle est juste fascinante avec ces quelques images ! Je trouve cela superbe et admirable que le jeu puisse établir une telle ambiance avec autant de respect pour le genre.

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  2. Superbe article ! J’ai été assez déçue par le début de l’adaptation de BlackSad, mais celui-ci a l’air dans le même genre, et me fait franchement de l’oeil ! En plus, il est à 20 euros, seulement ! J’ai pris du plaisir à te lire, c’est toujours aussi amusant et complet à la fois. Merci pour le conseil et bonne année 😀

    Aimé par 1 personne

    • Beaucoup on été déçu de Blacksad je dois être la seule à l’avoir kiffé 😅. Si tu as apprécié l’article et surtout si il t’a donné envie d’y jouer alors c’est une mission réussi pour moi 😎😁. Bonne année à toi aussi 😊

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  3. La première chose que j’ai faite en voyant l’image, c’est rire. Oui il men faut peu pour me faire rire mais les animaux anthropomorphe avec une tête réaliste me font rire x). Et puis, en lisant, j’ai été transportée par ta plume. Tu m’as donnée envie d’y jouer et justement, un point and click, c’est rare que je joue à ce genre de jeu ! Merci pour la découverte 🙂

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